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Jeannot et l'écriture

 

Jean n’aurait sans doute guère apprécié que nous parlions de lui pour le louer ou le complimenter à propos de ses textes. D’une grande modestie, discret et pudique, il écrivait pour lui, pour son plaisir et celui de ses amis à qui il les lisait quand ils leur étaient dédiés.

Nous en relèverons cinq ou six qui trahissent le plaisir qu’il éprouvait à les retrouver, toujours autour d’une table, pour de joyeuses agapes ou d’interminables parties de belote.

 

Nous avons dû user de toutes nos forces de persuasion pour qu’il consente à nous remettre ses écrits. Non pas consignés et bien rangés dans un cahier ou un classeur, mais rédigés, voire griffonnés, tantôt à l’encre, tantôt au crayon sur des morceaux de papier épars, de formes et de couleurs différentes, toujours froissés, attestant par là d’une genèse ambulatoire ou d’un séjour au fond d’une poche. Jean n’est pas un poète au sens classique du mot – il n’a jamais été publié –et n’a jamais prétendu l’être. Une cinquantaine de textes courts ne suffisent d’ailleurs pas à créer une œuvre. Lui-même se définissait plutôt comme « amateur dilettante et néophyte curieux des mots et des sons ».

 

Mais pour nous, habitants de Saint Julien, ces textes, rédigés par ce fin observateur de la nature et des gens, sont tout autre chose que des mots et des sons bien agencés : ils nous parlent, ils redonnent vie à notre moulin, font chanter notre ruisseau, rénovent nos cabanes- et ravivent nos souvenirs. Ils évoquent notre région, notre village et ses habitants, nos traditions et nos habitudes. De cette cinquantaine d’écrits qui se présentent majoritairement sous la forme de poésie libre rythmée par des rimes ou des assonances de fin de vers, cinq ont été rédigés en prose : Les années 40-50, Les belles chaussures, Conan, La fête à cochon et la valse des départements ; notons que cette valse est le fruit d’un arrangement créatif et personnel de divers autres textes antérieurs.

Les poèmes, eux, de facture très différente les uns des autres, sont une somme d’observations, d’expériences personnelles et de souvenirs. Que ce soit une description de la nature au cours des quatre saisons ou celle attendrie de notre village dans Saint Julien ; que ce soit encore les souvenirs familiaux amusés avec Mon frère Marcel, ou ceux nostalgiques des Saint Juliénoises , magnifique texte, à notre avis le plus abouti, dans sa forme poétique ; que ce soit enfin un reflet de ses activités au sein des nombreuses associations dont il était membre, voire président, tel La Valette, avec le club des Jeunes Anciens, ou Amicale Boules, dont le titre parle de lui-même, tous les textes, sans exception, sont bâtis sur le réel et le vécu. Même l’invraisemblable  enchaînement de circonstances qui apparaît dans En souvenir d’Octave est vrai ; seul le prénom a été changé, ce qui suffirait à prouver la courtoisie et la délicatesse dont il a toujours fait preuve, dans ses écrits comme dans sa vie, envers tout le monde.

Jean, grand amateur des mots, entretenait son jardin linguistique dans ses formes les plus variées également. Sous sa plume éclectique, on retrouve en effet dans ses textes poétiques des vers aussi bien classiques et ponctués que des vers libres sans ponctuation, des métriques paires et impaires, des récits linéaires ou arrangés en strophes.

Soulignons la performance de Z’étions jeunes et de Laurence et son petit bidule, deux poèmes construits entièrement sur une seule assonance, et sans vouloir prouver l’étendue de ses connaissances en la matière, il s’est même essayé – timidement il est vrai – à l’art de l’acrostiche dans Marie Laurence.

Jeannot aimait les mots.

 

Jeannot, mot : une rime qui ne pouvait lui être étrangère…

 

10 mai 2005

 

 

C'est pour le Pays Roannais

Que ce matin de mai

Le club des Jeunes Anciens

A quitté St Julien

Pour le département voisin la Loire

Où il y a tant à voir

C'est rare

Tout le monde est au départ

A huit heures moins le quart

Pour prendre le car

En direction de Tarare

Par Mullin, St Romain

Tarare et le pin Bouchain

Où le chauffeur fait donner ses chevaux

Nous passons Neau puis Fourneau

Et à St Symphorien de Lay

Nous arrivons en pays roannais

Accueillis dans une pâtisserie

Chacun goûte et apprécie

La grande diversité

Des produits présentés et consommés

Dans une cave à Villemontais

Nous attend un coteau du roannais

Après la dégustation

C'est la grande satisfaction

De trouver le grand air

Direction le Belvédère

Les grenouilles sont cuites à point

Car le cuisinier en a pris soin

Le repas terminé

Les grenouilles digérées

En route vers le sabotier de Renaison

Qui en toutes saison

Montre son savoir faire dans l'art du sabot

Qu'il fabrique vite et beau

Sur le chemin du retour

Le chauffeur fait un détour

Pour visiter Roanne et ses environs

Puis par la route qu'emprunta Napoléon

Le bus nous ramena à notre point de départ

Satisfaits en bon état et sans retard.

Allocution prononcée lors de la réunion des conscrits des classes en 4 et 5 en octobre 2010

 

Ayant subi les outrages des ans,

C’est à pas lents,

Les bras ballants,

Un peu chancelant,

Que vous me voyez céans

Parmi vous, braves gens,

Pour fêter joyeusement

 Tous les cinq ans

Le souvenir de ce temps

De nos vingt ans.

 

Si nous, les Anciens présents,

 Marchons lentement,

Ce n’est pas assurément

Que nous sommes fainéants,

Mais seulement

Un peu nonchalants.

Et nous vous prions gentiment

De ne pas croire les insolents

Qui nomment ceux participant

A notre bel événement

Des …  décadents

 

Dans cet instant

Précédant

Les divertissements

Et autres amusements,

C’est le moment

De nous caler les dents

Au buffet abondant

Apprécié des gourmands,

En espérant

De nous retrouver encore vaillants

Dans cinq ans.

 

Bravo ! Unanimement,

Aux organisateurs compétents

Se dévouant

Inlassablement

Pour que ce rassemblement

Soit vraiment

Une réussite sans précédent,

Regroupant

Enfants

Adolescents

Parents

Et grands parents.

 

 

Si j’ai lu lentement

Ce compliment

En essayant

D’articuler clairement,

Soyez cléments

Et indulgents,

Car ma vue, assurément,

N’est plus, hélas ! celle d’antan.

 

Amicalement

Jean

Premier janvier 2007 j'arrive à St Louis

Pas St Louis du Sénégal, de Vaise, ce St Louis

Chambre 218 je m'y rends rapidement

Il faut que je m'habitue à l'établissement

Lieu de vacances idéal ?

Oui, mais ça fait mal

Le lendemain j'entre dans la danse

Pas celle que l'on pense

Presque trois jours que ça dure

Aïe aïe aïe dur dur dur !

Je ne l'ai pas voulu

Mais diète absolue

L'estomac crie famine

La langue fait grise mine

Consigne de bases

Faire les gaz

Tous les gaz

Chez nous on dit faire un pet

Mais le pet n'est pas prêt

En attendant je m'installe

Pour un séjour hivernal

Alimenté par des tuyaux

Vidé par des tuyaux

Je suis le roi des tuyaux

Qui contrôlent mes boyaux

Petit à petit la douleur s'estompe

La fièvre tombe

Commence la préparation aux soins

Petits soins, grands soins

Faits par de si jolies mains …

Que faire ? sinon subir !

Mais il y a pire …

Laurence la kiné et se gégène me font peur

Heureusement qu'elle ne branche pas au petit bonheur

Professionnelle consciencieuse elle travaille en douceur

Son sourire met en confiance

Et c'est sans méfiance

Qu'entre ses mains

Je remets mon destin.

Mes oreilles sont toujours aux aguets

DU PET

La voie se dégage

La vie reprend, courage !

Je peux enfin profiter de la vue sur Vaise

Sa Grande Rue, Saint Louis, Saint Pierre de Vaise

Mais est-ce très sain

Tous ces saints

Pour les soins dont j'ai besoin

Mais d'abondance de seins

Je ne me plains

Les derniers jours

De mon séjour

Se précisent à l'horizon

C'est bon !

Encore quelques contrôles à effectuer

Et je serai peut-être libéré

Adieu souffrance tenace

Tu as été vaincue par un personnel compétent et efficace

Le retour au pays de Saint Julien

Me fera le plus grand bien

La belote du dimanche entre enragés du carton

Rend les perdants grognons

Les gagnants sont vraiment bons

Du moins ils le croient dur comme fer

Pourtant souvent sans le dix de der

Ils seraient dans les choux

Jusqu'aux genoux .

 

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